aandewind

Le sport n'a jamais été ma tasse de thé, je préfère jouer à l'Odalisque sur mon canapé. J'ai assez de force pour tenir mon tuyau d'aspirateur à bout de bras quand je pars à la chasse aux araignées qui se sont mis dans la tête de coloniser mon plafond, assez d'énergie pour déboucher une bonne bouteille de pétillant et trinquer avec les copines, et je muscle mes petits doigts plusieurs heures par jour sur mon vieux Pleyel qui en a vu d'autres, aux sons de la "Marche turque" ou des "Feuilles mortes". Ca me suffit pour me sentir bien. Petite fille, mes parents ont déployé des trésors de persévérance pour me faire m'agiter un peu, mais j'ai passé plus de temps à caresser les chevaux que sur leur dos, et j'étais plus souvent le nez dans mon Fantômette et la raquette entre les genoux, qu'à courir derrière un truc jaune et bondissant sur le cours de tennis. Enfin jusqu'ici je n'ai jamais ressenti le besoin de la saine fatigue, de la dépense physique, de l'élimination bienfaisante des toxines dont, paraît-il, je serais saturée.

Pourtant, quand je vois les voiliers toutes ailes dehors glisser sur la Méditerranée, superbes, libres, me brûle en les regardant ce désir irrésistible de voler avec eux, d'être forte et légère, de me remplir du grand air, de quitter ma peau. Je veux être sur le pont, la mer et l'horizon dans les yeux, à l'écoute du vent, prête à virer de bord, tout le corps tendu dans l'effort, ce corps en sommeil...

"I'm sailing, I'm sailing..."